Introduction
En 1937,
le botaniste autrichien Hans Molisch (1856-1937) invente le mot allélopathie,
définissant ainsi l’influence d’une plante sur une
autre plante. Il décrit notamment les interactions biochimiques
néfastes et bénéfiques entre les différents
types de plantes, y compris les micro-organismes. En 1974, le professeur
Elroy Rice (1917-2001) précise ce que recouvre le terme d’allélopathie
: « Tout effet direct ou indirect, positif ou négatif,
d’une plante (micro-organismes inclus) sur une autre, par le biais
de composés biochimiques libérés dans l’environnement
».
Ces observations ne sont pas nouvelles. Déjà, au IIIe
siècle avant Jésus-Christ, le philosophe grec Théophraste
avait remarqué que le pois chiche annihilait les mauvaises herbes.
Au Ier siècle après Jésus-Christ, le naturaliste
et écrivain latin Pline l’Ancien note que le noyer ne laisse
pousser aucune plante sous son feuillage. Au début du XIXe siècle,
c’est au tour du botaniste suisse Augustin Pyrame de Candolle
(1778-1841) de suggérer que la fatigue des sols peut être
due à des exsudats des cultures. Des scientifiques soviétiques,
à l’image d’Andrei Grodzinsky (1926-1988), ont également
mené de nombreuses recherches sur le sujet.
Pour résumer, les composés allélopathiques jouent
un rôle secondaire dans le métabolisme de base de la plante
émettrice. Ils peuvent prendre la forme de gaz toxiques (ammoniac,
cyanure), d’acides organiques (acide citrique, oxalique, acétique),
de composés aromatiques (acides phénoliques, coumarine,
alcaloïdes, etc) et de terpénoïdes (camphre).
Ces différentes propriétés vont nous être
très utiles, à condition de savoir marier les espèces
végétales en fonction de leurs spécificités.
Les listes de mariage contenues dans cet ouvrage ne sont pas exhaustives.
Elle sont un point de départ. Pour pouvoir les utiliser au mieux,
encore faut-il connaître la faune de ses jardins, qu’ils
soient d’ornement, potager ou verger. Indésirables et auxiliaires
se côtoient ainsi dans une véritable chaîne de vie
qu’il nous faut apprivoiser pour en tirer le meilleur parti, à
savoir cultiver des plantes saines et savourer le plaisir de parcourir
des jardins en équilibre.
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