>> RETOUR PAGE ÉDITION édition
A l’affiche !
Presse

Photographie
Edition
Graphisme
Qui sommes-nous
    © Frederique Chevalier  

Introduction « Il ne sourit pas, il n’est pas curieux, il n’est pas absent : il est tranquille dans ses vieilles certitudes. »
Henri Pourrat, Le Secret des Compagnons.

L’Histoire connaît deux Auvergnes : la Basse et la Haute. La première s’est constituée autour de la figure tutélaire du puy de Dôme et du département éponyme, auxquels il faut ajouter l’arrondissement de Brioude. La seconde recouvre le département du Cantal. Mais elles ne sont pas un tout. L’Auvergne contemporaine s’est adjugé le Bourbonnais et le Velay.
La géographie et la géologie en connaissent au moins trois, celle des plaines et des terres sédimentaires, celles du granite, celle de la lave volcanique. Une diversité enchevêtrée d’histoire commune, de nuances et de variantes.
L’Auvergne d’antan existe-t-elle encore ? Partons ensemble à sa recherche dans les chemins creux de l’histoire et de la mémoire. En un peu plus d’un siècle, que de bouleversements ! Parcourir l’Auvergne d’avant 1914, c’est d’abord découvrir une terre rurale, un monde rythmé par la nature, un monde qui s’éteint en silence. Les départements ruraux se dépeuplent. Ce mouvement n’est plus un simple phénomène saisonnier. L’émigration auvergnate vers la capitale, vers Paris, vide les campagnes.
Le paysan devient une figure pittoresque que côtoient baigneurs, buveurs d’eau et touristes, le temps d’une cure thermale. Des photographes n’ont pas manqué d’exploiter cette connivence : « tous les costumes et objets nécessaires sont gratuitement mis à la disposition des personnes qui désirent poser en paysan auvergnat », lit-on dans leurs studios de Clermont-Ferrand et Royat.
Une partie de lui-même ne pouvait que disparaître, aspirée par le progrès. Mais il n’est de « bon vieux temps » que pour celui qui regarde. Ainsi naît la nostalgie de ce que l’on n’a pas connu, de ce qu’on a simplement entraperçu dans l’obscurité d’une grange ou dans un de ces populaires vide-greniers vides mémoires.
Rien n’a changé et tout a changé. L’agriculteur est devenu chef d’entreprise ; les Limagnes, aujourd’hui, n’ont rien à envier à la Beauce. Le remembrement, mené dans les années soixante, y a effacé le souvenir des paysans de jadis. La vigne se fait rare sur les coteaux mais Chanturgue et Saint-Pourçain résistent encore. Les saint-nectaire et autres cantals possèdent désormais leurs lettres de noblesse : une A.O.C en bonne et due forme.
La physionomie des centres villes n’a guère évolué. En revanche, elles ne cessent de mordre sur les campagnes environnantes à l’image de Clermont-Ferrand, Moulins, Montluçon. Ce mouvement n’est pas limité aux grandes villes auvergnates. Il n’est pas un village qui ne rêve d’accueillir de nouveaux habitants dans son pimpant lotissement, construit en bout de terre, à l’écart du centre, vidé de ses commerces et de substance.
La manufacture Michelin s’est mué en leader mondial de l’industrie du pneumatique. Issoire s’est trouvé une vocation industrielle et aéronautique quand Montluçon peine à retrouver la flamboyance de sa révolution industrielle. Les grands couturiers, à l’occasion, offrent aux dentellières une seconde vie et les designers de nouveaux modèles à la coutellerie.
Les villes thermales s’offrent une cure de jouvence en nous proposant de mincir. Vichy tente d’oublier qu’elle fut, de 1940 à 1944, capitale de l’Etat français. Les volcans d’Auvergne, terre ingrate s’il en est, sont devenus le must du tourisme vert ; l’or blanc, lui, a du plomb dans l’aile, en raison d’un enneigement insuffisant. Qui l’eut cru à l’aube du XXe siècle ?
La cité mariale du Puy-en-Velay s’est fait étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Les processions et autres bénédictions de troupeaux attirent presque autant de touristes que de croyants. Le folklore est devenu mode et Vulcania, centre de loisirs.
Tout cela en un peu plus d’un siècle…


Retour

© HC Editions

 
Retour à l’accueil
 
   
 
© Anne-Sophie Gomez - Frédérique Chevalier / 2011 - Tous droits réservés — Réalisation : www.plume-image.com